Quel quartier culturel après la ville créative?
Sous la plume de l’urbaniste-consultant Richard Florida au début des années 2000, la notion de « ville créative » a été autant mobilisée dans le champ de l’action publique que discutée dans celui des études urbaines. Pensée comme « alternative à la ville industrielle » (Vivant, 2009), elle encourageait les élites des grandes villes à favoriser l’installation des populations des 3 T, c’est-à-dire combinant « Talents, Tolérance et Technologies ».
La ville créative s’est ainsi déclinée en « classe créative » (au prix d’acrobaties théoriques et empiriques) puis en « quartiers créatifs » ou culturels (Michel, 2022). Les critiques de cette approche n’ont pas manqué pointant l’instrumentalisation économique de la culture et voyant dans cette dénomination une intention marketing lovée dans les orientations néo-libérales de la fabrique urbaine.
Aujourd’hui, au moins dans les discours, ce paradigme semble refluer, sans qu’il n’ait été complètement remplacée dans la palette des urbanistes ou dans le débat intellectuel. Surtout, qu’en est-il de ces quartiers culturels et créatifs implantés ici et là depuis un quart de siècle : comment survivent-ils au concept et aux politiques qui les ont vus naître ? Au prix de quelles transformations ? Leur passé a-t-il encore un avenir ?
Intervenant·es
- Un·e représentant·e du quartier des spectacles de Montréal
- Marina Rotolo, maîtresse de conférences en sociologie urbaine, ENSA Paris-Belleville
- Basile Michel, maître de conférences en géographie à l’université de Cergy Paris
