Face au racisme, l’université ne se taira pas

L’attaque terroriste raciste qui a frappé Trappes et La Verrière le 23 octobre dernier nous oblige. Elle nous bouleverse par la violence des faits, par la mort d’un homme, par les blessures infligées à plusieurs autres. Mais elle nous oblige aussi à regarder en face ce qu’elle révèle : le racisme est une idéologie meurtrière.

Lorsque des femmes et des hommes sont pris pour cible en raison de leur couleur de peau, de leurs origines réelles ou supposées, de leur religion ou de leur apparence, c’est le principe même d’égalité qui est attaqué.

Nous ne pouvons ni banaliser ces actes, ni les considérer comme des événements isolés, sans rapport avec le climat dans lequel ils surviennent. Les mots ont un poids. Les discours qui opposent les citoyens entre eux, qui installent la suspicion à l’égard de certaines origines ou de certaines croyances, contribuent à fragiliser notre société. Ils déplacent les frontières de l’acceptable et finissent par rendre pensable ce qui devrait demeurer inconcevable. Les tensions progressent dans notre société et nos campus n’y échappent pas.

Face à cela, le silence n’est pas une option.

Depuis la Seine-Saint-Denis, notre voix doit porter avec une exigence particulière. Nous savons ici que la diversité n’est pas une abstraction mais une richesse humaine autant qu’une force collective.

À l’université Sorbonne Paris Nord, nos campus accueillent 27 000 étudiantes et étudiants aux parcours, aux aspirations et aux origines diverses. La pluralité n’est pas seulement une réalité à accueillir : elle est une richesse qui se vit.

Nous nous efforçons de faire de notre université un espace où chacune et chacun trouve sa place, est reconnu dans sa dignité et peut construire son avenir sans avoir à justifier de ses origines, de son nom, de sa couleur de peau ou de ses convictions. Cette ambition nous engage. Par la transmission des savoirs, la recherche, le développement de l’esprit critique et la lutte contre toutes les formes de discrimination, l’université a un rôle à jouer. Combattre le racisme, c’est refuser les préjugés et les discours de haine, protéger celles et ceux qui en sont les cibles et faire vivre concrètement l’égalité des droits.

L’attentat de Trappes et La Verrière nous rappelle que ce combat n’est jamais gagné. Il est une responsabilité collective.

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